vendredi 19 avril 2013

Salammbô 


          De tous les romans de Flaubert, Salammbô est celui qui surprend, qui gêne, qui dérange, en ce qu’il ne semble pas s’allier avec le reste de son œuvre. Les lecteurs ne retrouvent pas la plume de l’auteur de Madame Bovary, de Bouvard et Pécuchet, et de l’Education sentimentale dans ce roman qui fait exception.

          Qu’il est confortable pour le lecteur de trouver une unité dans les écrits d’un auteur ! Nous nous réfugions alors dans des phrases stéréotypées et des généralités : « Zola adoptait une démarche scientifique », « Molière était le maître incontestable de la comédie »… Mais, par moments, les auteurs échappent à la case que nous leur assignons, à la prison dans lesquels nous les enfermons. Ainsi, il est toujours difficile de concevoir qu’avant de se consacrer à la comédie, Molière voulait se vouer au genre tragique. Il en est de même pour Flaubert, qui nous étonne : lui, qui préférait narrer des histoires monotones dans des cadres réalistes, écrit un roman onirique –presque fantastique à plusieurs reprises- qui se déroule dans le Carthage de la Deuxième Guerre Punique ! (suite de l'article)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire