lundi 20 mai 2013

Le Chef d'oeuvre inconnu


Il est contradictoire d’être à la fois écrivain et théoricien littéraire. Car comment un auteur peut-il porter un regard objectif sur un domaine auquel il appartient, sans subir l’influence de son parti pris, de ses propres convictions ? Proust, par exemple, donne une vision purement impressionniste de la littérature dans son Contre Sainte-Beuve (ce qui nous invite à poser une question, qui pourrait faire l’objet d’un autre texte : la théorie –peu importe sa nature- n’est-elle pas destinée à être subjective ?), privée de toute nuance, et donc de toute objectivité théorique. C’est ainsi que de nombreux littérateurs, confrontés à la difficulté de porter un jugement sur leur activité, préfèrent parler des autres arts –avec plus d’objectivité-, à l’instar de la peinture ou de la musique, en y voyant un miroir reflétant les enjeux de l’écriture. Ce genre d’écrit présente de ce fait une difficulté : comment rendre compte de signes –dans Qu’est-ce que la littérature ?, Sartre a expliqué que les autres arts exploitent des signes, comme les couleurs en peinture ou les notes en musique- avec des mots ?
                  Entre autres, Balzac a opéré le choix d’écrire au sujet des arts auxquels il était étranger, et plus particulièrement à de la peinture, comme c’est le cas dans sa célèbre nouvelle, Le chef d’œuvre inconnu(suite de l'article)

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