samedi 24 août 2013


 L'exilé du monde


  Dans notre précédent article qui concernait l'Etranger d'Albert Camus, nous arrivions, à la maigre et bien faible conclusion pour un esprit logique inhérent à tous, qu'il ne pouvait y avoir de conclusion rationnelle. Et c'est sans doute ici que se situe le plus largement l'idée même et centrale que développe Albert Camus, en parallèle, dans leMythe de Sisyphe qui fait office de pendant philosophique à l'oeuvre littéraire (toutes les deux appartenant au « cycle de l'absurde »). En effet, ce qui échappe ici à tout esprit normalement logique c'est la motivation des actes de Meursault, que ce soit dans sa vie quotidienne ou lors de son crime. Elle échappe également aux vieux qui entourent le cadavre, aux jurés, au procureur, c'est-à-dire, ceux qui représentent la mouvance générale, à la fois légale et morale. C'est le décalage logique de la façon d'agir de Meursault qui sous-entend la notion de l'absurde. C'est la réaction des autres qui illustrent la torpeur sensible et intellectuelle de cette masse qui paraît tout à coup informe et innommable. « Quel est donc cet incalculable sentiment qui prive l'esprit du sommeil nécessaire à sa vie ? » écrivait Albert. L'Etranger semble être un de ces Hommes souffrant de la lucidité tragique.
Pourquoi étranger ? (suite de l'article)

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