samedi 26 octobre 2013

Pourquoi parlons-nous? 

La sentence introductive de l’Evangile de Saint-Jean suggère qu’« au commencement était le verbe ». Désignés comme un a priori de la matière, les mots s’interposent dès lors entre nous et les choses, et enveloppent l’existence de tout étant –y compris la nôtre, puisque nous sommes condamnés, par nature, à parler. Quel que puisse être l’objet de nos dires, il n’en demeure pas moins que nous parlons. C’est ainsi qu’esclaves des mots, et acculés dans notre aliénation à leur égard, nous serions tentés d’employer notre fameuse mésis (ruse), que les philosophes vénèrent tant : et si les mots rédigeaient leur propre procès ? De cette suggestion naît une question : « pourquoi parlons-nous ? », à laquelle seule la parole peut répondre. Voilà le langage devenu théoricien de lui-même. (suite de l'article)

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